CÉVENNES Le Biti, premier office de tourisme mobile du Gard

Neuf vacanciers sur dix boudent les offices de tourisme. Afin d'attirer de nouveaux visiteurs en quête de découverte, Cévennes Grand Sud innove avec une voiture itinérante made in Alès.

"On n'attire pas les mouches avec du vinaigre". Selon Bernadette Price, directrice de Cévennes Grand Sud, seul un vacancier sur dix pousse la porte d'un office de tourisme. Ce dernier tend à devenir obsolète. Voire ringard. Les applications de smartphone n'y sont pas étrangères. Il s'agit donc de s'adapter et d'innover. "Puisqu'ils ne viennent pas à nous, on va aller à eux", souhaite-t-elle.

Ainsi est né Biti - Bureau d'information touristique itinérant - premier du nom dans le Gard. A bord d'une ancienne 403 ambulance customisée par une jeune entreprise alésienne, Valentin et Delphine sillonnent depuis quelques jours le territoire à la rencontre des vacanciers. Marchés nocturnes, campings et sites touristiques, tous les lieux les plus fréquentés vont y passer. "A Anduze, on a informé 300 personnes en une seule soirée. Ce qu'on fait en un mois sur un point d'accueil classique", se satisfait la directrice de l'office de tourisme, qui a du convaincre le président de l'agglo Max Roustan de l'intérêt de ce projet à 20 000 €. "On n'accueille pas seulement des touristes. On informe aussi des gens de la région qui ne pensent pas forcément aux sites qui sont tout près de chez eux", note Valentin.

Mais le Biti va tenter d'aller plus loin, en dépassant les frontières cévenoles. "Le tourisme n'appartient à personne et les gens bougent sur tout le territoire. Nous sommes complémentaires. On a ainsi convaincu l'office de tourisme du Grau-du-Roi de nous accueillir trois fois pour un test. On pourra ensuite lui rendre la pareille en incitant les usagers à aller sur leur littoral", assure Bernadette Price. De même, Alès est en pourparlers avec La Grande Motte pour une autre expérimentation. "Le plus dur est de convaincre les autres offices. Certains voient leurs confrères comme des concurrents. Il faut sortir de ce schéma", conclut la directrice.