En donnant naissance à TOS+ destiné aux mobiles

En donnant naissance à TOS+ destiné aux mobiles, consoles de jeux et objets intelligents, le géant chinois cherche à gagner en indépendance et à installer son identité au sein de smartphones, montres connectées ou autres TV connectées. Sa cible : des fabricants de terminaux locaux dont Xiaomi, la start-up la plus valorisée au monde. Les efforts déployés par Tencent sont technologiquement minimes, dans la mesure où TOS+ est basé sous Android, sans pour autant vouloir intégrer les services de Google. Car à la différence de ce dernier, il souhaite se nourrir de son propre écosystème. Une aubaine pour les éditeurs d'applications qui ont déjà des relations fortes avec Tencent, mais aussi pour les autres, qui savent développer des applications Android et cherchent à atteindre de nouveaux marchés. Le succès n'est pas garanti, mais cette initiative n'est pas unique.

Bien que propriétaire d'Android, Google peut aujourd'hui perdre la main sur ces marchés en pleine croissance, notamment en Chine où le protectionnisme fait loi. Distribuant des mobiles sur toute la planète, le chinois OnePlus a lui développé OxygenOS, également basé sous Android. Ce dernier reste dépendant à Google hors de Chine, car son catalogue d'applications n'est autre que Google Play. La firme américaine doit cependant s'interroger de la stratégie de Cyanogen, un autre système d'exploitation mobile basé sous Android développé aux Etats-Unis, qui a reçu un large soutien financier, notamment de la part du géant des microprocesseurs Qualcomm, de Twitter, de Telefonica, de Rupert Murdoch et vraisemblablement de Microsoft.

Dans l'idée de profiter d'un marché de développeurs largement éduqués aux langages nécessaires au développement d'applications tournant sous Android, Cyanogen compte leur proposer une alternative et s'affranchir des contraintes de Google : une manière de répondre aux inquiétudes de certains pays comme la Russie qui enquête actuellement sur un abus de position dominante d'Android, un point commun avec l'Union européenne qui entend également se pencher sur le sujet.

Microsoft, qui ouvre sa conférence annuelle pour développeurs ce 29 avril, devrait également présenter des innovations pour Windows Phone dans l'idée d'ouvrir davantage sa plate-forme aux applications compatibles Android et leur permettre d'arriver plus facilement sur Windows Phone. L'explication est simple : les développeurs préfèrent se concentrer sur Android et iOS, et voient Windows Phone comme une contrainte. Autant dire que comme Tencent, Microsoft entend profiter d'un écosystème éduqué par Google, pour mieux le concurrencer. Et s'il est encore difficile de voir comment il est aujourd'hui possible d'attaquer Android sur le marché des smartphones, ces «nouveaux entrants» pourront toujours surprendre sur le marché des objets connectés où le terrain est bien plus vierge.