Une start-up proche du consommateur

Mais qui est donc Wiko, dont l'ambition semble sans limite ? "Une start-up qui a fait le choix de savoir ce dont les consommateurs ont vraiment besoin", répond Michel Assadourian. "Et là, il faut tenir compte de deux ingrédients : le prix et la capacité à répondre de manière performante aux besoins exprimés. Notre credo, c'est la technologie au meilleur prix".

Telle est donc la devise de la maison que porte Laurent Dahan. Un autodidacte discret qui a fait ses armes dans l'univers des télécoms à partir de 1995. "Il a été visionnaire, en ce sens qu'il a vu venir une mutation qui aujourd'hui joue à plein : les offres sans engagement et sans subvention". Autrement dit, de plus en plus de clients achètent un mobile nu de façon indépendante. Une tendance minoritaire il y a quelques années, qui aujourd'hui représente la moitié des actes d'achat. Le cheval de bataille de Wiko "qui a développé non pas un concept low-cost, mais low price". Et Michel Assadourian d'expliquer : "Le partisan du low-cost intègre des composants en ne regardant que le prix final. Il n'a pas de vision à long terme. Alors que Wiko ne fait pas que cela : nous sommes aussi un constructeur et ça change tout".

Constructeur. Le terme révèle une facette de l'étonnant parcours du fondateur Laurent Dahan. "Il a voyagé dans le monde et a eu l'opportunité de connaître le patron du constructeur Chinois Tinno dont le siège est à Shenzen. De là est née une histoire d'homme et c'est avec lui que Wiko a pris forme. Tinno a cru au rêve d'une nouvelle marque. Vous nous imaginez aller voir un banquier français en lui disant : on veut concurrencer Apple et Samsung ? Ils nous auraient fait enfermer !", lance Michel Assadourian.

Et pourtant. Tinno, géant asiatique que la conquête du monde ne laisse pas insensible, a donc pris 95 % du capital de Wiko. Laissant à Marseille le soin de définir les modèles et les spécificités en fonction des pays. C'est aussi depuis Marseille que s'opèrent le service après-vente et le lien avec les consommateurs. C'est d'ici que remontent les informations et les appréciations recueillies par le biais des réseaux sociaux. Un incessant flux de données qui sert le développement d'une gamme dont le prix maximum est de 300 euros et dont le dernier représentant, le Highway, débarque sur le marché. "C'est cela notre force : l'esprit communautaire. De là découle un cahier des charges. À Tinno d'intégrer le meilleur de la technologie". Une alliance que personne n'a vu venir, mais qui fait qu'on parle de Wiko. Le smartphone de Marseille.