IT façon Fast and furious - Comment aller vite sans tout casser

L'analyste en technologie Bobby Cameron relatait récemment un problème inhabituel rencontré par un client : comment faire redescendre sur terre le directeur de l'IT en l'aidant à esquisser un nouveau projet.

Cameron raconte : "un client m'appelle et dit : 'dites-moi comment parler à mon DSI pour qu'il comprenne que je n'essaie pas de construire le prochain Battlestar Galactica. J'ai besoin de jeter des idées sur le papier, de regarder si cela colle et de partir dessus, ou alors de me lancer sur autre chose. Le DSI fournit les gens qu'il veut pour exécuter un projet qui sera à l'épreuve des balles, mais je ne sais même pas ce que je veux.'"

Cette anecdote illustre un des principaux problèmes de l'informatique d'entreprise aujourd'hui : comment trouver un équilibre entre le désir d'agir aussi vite que possible dans les projets et de protéger les systèmes et données critiques.

Le souci pour le DSI est qu'en échouant à changer d'approche, il prend le risque d'être catalogué comme trop prudent, trop lent et attaché aux procédures d'ingénierie. En retour, cela encourage les dirigeants à contourner le département IT en faveur de prestataires externes plus agiles.

Cette demande d'agilité et de flexibilité est une des pressions concurrentielles auxquelles sont confrontés les DSI, et entre en conflit avec une autre demande, soit de disposer d'une informatique fiable, sécurisée et tournant de manière aussi efficace que possible.

Le défi pour les DSI est par conséquent de créer une organisation capable de délivrer la fiabilité et la sécurité nécessaires aux systèmes clés ainsi que la vitesse indispensable à l'innovation.

Le coût, et l'analyse de la façon dont leur budget est dépensé, est un des facteurs clés qui empêchent les DSI de répondre rapidement aux demandes d'innovation. Il est établi qu'entre 75 et 90% du budget IT sont consacrés à la maintenance et au support des systèmes existants.

"Bien qu'ils aimeraient faire toutes ces nouvelles choses, les DSI se trouvent aspirés par cet héritage technologique qui mange la majorité de leur budget" déclare Marianne Kolding, vice-président de la recherche pour IDC.

Les décideurs IT réfléchissent aussi à la façon dont ils peuvent repenser leur infrastructure existante à la fois pour la rendre plus flexible, mais aussi afin de dégager des moyens. "Dans bien des cas, cela signifie regarder les services Cloud" ajoute Kolding.

"Si vous n'avez pas encore commencé à transformer votre infrastructure en environnement Cloud, c'est par là qu'il vous faut démarrer. Si vous l'avez fait, attaquez la partie modernisation applicative, en affectant les traitements au bon type d'environnement" explique encore l'analyste d'IDC.

Cela peut aussi aider les départements IT à identifier les domaines dans lesquels de nouvelles idées peuvent être testées plus rapidement. "Vous pouvez être un peu plus innovant et ce ne sera pas trop coûteux si cela ne va pas, de sorte que vous pouvez échouer plus vite » dit Kolding.

Les attentes autour de coûts et de la budgétisation sont les plus grands obstacles à un changement au sein de la DSI car celle-ci est généralement contrainte de fonder les coûts sur un cas d'usage business. Cela signifie que les projets qui obtiennent un feu vert seront ceux dont les retours sur investissement sont bien compris et les jalons clairs, ce qui réduit l'appétit pour le risque.